• J' ai découvert ce livre à la bibliohèque de Mornant. Son auteur, Odile Bouhier signe là son premier roman. Vous comprendrez que ce mot "bistanclaque" a une sonorité spéiale pour tout lyonnais que se respecte.

    Bis-tan-clac est le chant des métiers à tisser des canuts lyonnais.

    LE SANG DES BISTANCLAQUES

     

    A la croix Rousse les immeubles sont trés haut de plafond. on peut facilement faire deux étages dans ceux ci.

    L'histoire

    Lyon, mai 1920. Une enquête est ouverte à la suite de la découverte du cadavre putréfié d'une vieille femme.

    Pour ne pas ternir la réputation de sa ville. rivale de Paris et des brigades du Tigre, le procureur confie l'affaire au tout nouveau laboratoire de la police scientifique de Lyon, dirigé par deux experts (déjà) : l'éminent professeur Hugo Salacan dont son prédécesseur, Edmond Locard était le fondateur du tout premier laboratoire de police scientifique à Lyon en 1910. C'est aussi le créateur de la criminalistique  (forensic sciences) qui a servi d'expertise auprès de la police française, et qui allait devenir Interpol, et le commissaire Victor Kolvair, unijambistes et rescapé des tranchées.

    L'autopsie du corps révèle d'étranges sévices......

    LE SANG DES BISTANCLAQUES

    nous voici descendant la montée de la grande côte en compagnie de nos deux héros

    L'enquête criminelle dévoilera deux visions de la police et de la science, dans une france en pleine mutation.Le Sang des bistanclaques est une plongée dans la société lyonnaise des Années folles. C'est aussi le parcours d'une autre folie, une folie individuelle, le portrait d'un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série.

     

    j'ai été captivé par cette histoire, la fin est étonnante et j'ai vu là, l'occasion de vous parler de cette morgue de Lyon

     

     

    Histoire de la Morgue de Lyon

    A la fin du 19ème siècle, elle était installée sur "une plate" nom donné aux bateaux lavoirs à fond plat retenus a la rive par des cordages et reliées à la terre ferme par une passerelle, sur lesquels les Lyonnaises comme ma grand mère Margot, lavaient leur linge.

    Amarrée sur le quai du Rhône, devant l'Hotel Dieu, la morgue était avant tout  destinée à recevoir les noyés que l'on retirait fréquemment des deux fleuves lyonnais.

    les corps non identifiés étaient installé dans des cercueils, afin que les Lyonnais puissent venir les indentifier,  les lieux avaient leurs habitués et attirait une foule énorme lorsque des crimes défrayaient la chronique, comme l'affaire de l'inconnue du quai Perrache. Des  parties du cadavre dépecé, retrouvé en plusieurs endroits du fleuve, avaient suscité la curiosité  d'une véritable marée humaine dés l'ouverture des portes dela morgue, à 8 heures du matin. L'aprés midi avait viré à l'émeute et il fallu mobiliser jusqu'a 40 gardiens de la paix pour canaliser le flot des curieux, si nombreux qu'ils menaçaient d'envahir la passerelle et de prendre d'assaut le macabre dépôt.

     

    LE SANG DES BISTANCLAQUES

     arrivée a la morgue de la femme coupée en morceaux 

    Trés vite, de nombreux Lyonnais dénoncèrent l'état de décrépitude de la plate mortuaire, prise entre les crues, les orages, les sècheresses et les inondations. Dés 1880, le professeur Lacassagne, nommé directeur technique de la morgue, installa un laboratoire de médecine légale dans les locaux de la faculté de médecine, à l'Hotel Dieu.

    En 1909, la nature règla les choses : une nuit, la brutalité d'une crue du Rhône arracha la vieille morgue aux quais, la fracassa contre les piliers du pont de la Guillotière, puis entraina jusqu'au confluent les restes du batiment, les trois cadavres quelle contenait, le gardien et son chien.

     

    LE SANG DES BISTANCLAQUES

     

    la morgue de Lyon - Le progrés illustré - 10 avril 1892

     

    les photos en noir en blanc viennent de google.

     

     


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  • Je veux vous parler de deux livres de cet auteur que j'ai lu et particulièrement apprécié.

    KATIBA

    LE PARFUM D'ADAM

    Tout d'abord faisons connaissance avec l'auteur

    Médecin, romancier, globe-trotter, politologue et agent secret à ses heures ? Qui est véritablement cet homme à la carrure d’un héros de roman ?

    Jean-Christophe Rufin voit le jour le 28 juin 1952 au pied de la cathédrale de Bourges. Abandonné par son père, ses grands-parents se chargent de son éducation. Docteur en médecine, diplômé de l’Institut d’études politiques, il possède une connaissance de l'intérieur de l'humanitaire : président d' Action Contre la Faim, ancien administrateur de la Croix Rouge Française et ancien vice-président de Médecins Sans Frontières, son discours sur ce secteur économique est assez critique.

    Il perpétue en quelque sorte un héritage familial. Son grand-père, médecin également, avait soigné les combattants de la Première Guerre mondiale, puis il avait été déporté à Buchenwald pour avoir caché des résistants en 1940 dans sa maison de Bourges. Rufin fils connaît bien l’Éthiopie depuis le début des années soixante-dix, date de sa première incursion, où il pénètre incognitus le pays avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. Son positionnement un rien dandy ne cherche pas à masquer son amour des êtres, ni un profond respect de l’état des choses.

    Il a passé plus de vingt ans de sa vie pour les ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans. Cette expérience du terrain l'a conduit à examiner le rôle des ONG dans les situations de conflit, notamment dans l'essai Le Piège humanitaire (1986), et dans son troisième roman, les causes perdues  (1999).

    À partir de 1993, il se lance dans la politique en entrant au cabinet Léotard, alors ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations nord-sud. Directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie.

    En 1995, il finit par quitter le ministère de la Défense et devient attaché culturel au Brésil. Il engrange des histoires qu'il romancera dans quelques livres, Rouge Brésil et la Salamandre.

     

    En juin 2006, il quitte la présidence d'ACF pour se consacrer davantage à l'écriture mais en août 2007, soutenu par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et fondateur de MSF, il est nommé Ambassadeur à Dakar (Sénégal).

    En juin 2008, il remplace Henri Troyat à l'Académie Française. Toujours médecin humanitaire actif, il reste président d'honneur d'ACF, continue son engagement et laisse, mots après mots, essais après romans, une empreinte littéraire intéressante.


     

    KATIBA

    L'aventure commence dans le désert mauritanien. Quatre touristes italiens sont fauchés par des rafales de mitraillette. Ils serviront de prétextes à une mini-guerre qui débute entre les institutions plus haut citées. Rufin raconte, décrypte, balaie. Procède par flashs, petites scènes, bouts de chapitres qui s'emboîtent peu à peu. Tandis qu'une katiba (un groupe armé mobile) s'ébroue dans le désert, dans une zone floue entre Sud-Algérie, Nord-Mali, Est-Mauritanie, qu'un dissident rassemble ses troupes, cherche un autre point d'où faire sa guerre et s'emparer de son rival, l'attention se porte vers Paris.


    Providence emploie des transfuges des services nationaux de renseignement et de sécurité, dans des conditions de travail et d'espionnage dignes du troisième millénaire tant dans les locaux administratifs que sur des terrains glissants. Cette fois, ces fins limiers ont abandonné le bio-terrorisme et poursuivent Al-Quaida et l'AQMI en se concentrant sur les mystérieux et passionnants destins de Jasmine, Kader et Dimitri.



    JEAN CHRISTOPHE RUFIN



    La clé du livre se nomme Jasmine : une héroïne d'aujourd'hui, qu'on imagine à l'écran sous les traits d'Adjani, belle, énigmatique, veuve d'un diplomate jadis en poste à Nouakchott, occupant une place de choix au protocole du Quai d'Orsay, gardant des racines mystérieuses en Afrique, des liens dans les contrées où elle voyagea, aima, où plonge aussi son histoire. Mais on ne peut tout dire de peur de déflorer l'intrigue. Rufin, in fine, explique le pourquoi de ce livre, raconte ceux qui l'ont inspiré, lui qui, avec la DGSE, en 2008, traqua les fuyards d'Al-Qaeda après l'assassinat de touristes français en Mauritanie. Avec des bribes d'histoire savamment mêlées, il tisse la toile d'un thriller au goût de soufre. Ce faisant, il explique ce que peuvent être les motivations de ceux qui trahissent, d'un camp l'autre, hésitant entre l'Occident et les fondamentalistes. Livrant aussi le pourquoi des choses en évoquant les longues prémices d'un attentat dont les motivations peuvent être non pas spirituelles, religieuses, intellectuelles, mais simplement celles de la revanche sociale.

    ce livre est passionnant, une foison de personnages qui s'entrecroise, s'aime, se déchire, des non dits qui s'expliqueront à la fin, une construction de l'histoire pas à pas qui nous laisse pantois à la fin du livre. On se dirait comme le commissaire Bourrel "mais bon dieu, mais c'est bien sur !".


    LE PARFUM D'ADAM

     

    Dans ce roman, JC Rufin nous conduit de la Pologne aux Etats unis, en passant par la France, le Cap-Vert, jusqu'au Brésil que l'auteur connaît bien. À la manière des romans d'espionnage, il met en scène  Providence une agence privée qui tente de déjouer les plans d'une organisation d'écologistes extrémistes  qui souhaite protéger, à leur manière, l'écosystème planétaire.

    Ces extrémistes estiment que la surpopulation du tiers monde  est un risque majeur pour la planète. Partisans de la décroissance démographique,  ils décident de lutter contre cette surpopulation en menant des actions de bioterrorisme  à base d'une nouvelle souche  de choléra.

    JEAN CHRISTOPHE RUFIN



    Dans cette œuvre de fiction, entre thriller et grand reportage, on retrouve les techniques narratives employées dans ses ouvrages précédents, à savoir l'alternance de points de vue : le narrateur se place selon la perspective de Juliette, la jeune écologiste, ou selon celui de Paul Matisse, médecin et agent secret. Au fur et à mesure que la tension dramatique augmente, le changement de focalisation se produit à l'intérieur même des chapitres.


    La thèse pour laquelle se battent les terroristes du Parfum d’Adam est absolument fascinante, tant elle est logique et immorale à la fois, profondément rationnelle et glaçante. Elle découle directement des thèses du bon vieux Malthus, qui au 19ème siècle a étudié les mécanismes démographiques des populations pour en conclure que la natalité devait être sérieusement contrôlée. Pour les écologistes du Parfum d’Adam, le principal ennemi de la Terre, c’est l’homme. Mais pour aider l’environnement, ces écologistes là ne proposent pas de rouler à vélo ou de laver son linge avec des noix de lavage. Leur méthode, radicale, passe par la suppression de millions d’individus, seul moyen selon eux d’éviter une saturation écologique. Ils protestent contre les moyens que l’homme a mis au point pour améliorer sa survie, et qui ne font que le multiplier. Du coup, au lieu de s’attaquer aux Etats où la technologie est la plus avancée, c’est aux pauvres qu’ils s’en prennent : ceux-là n’ont rien à perdre, et en plus ils demandent à profiter de notre luxe, c’est un comble !

    On est passionnée puis révoltée. Cet ouvrage nous donne à penser, et si de telles choses existaient !!!



    je vous engage vivement à découvrir cet auteur, mes prochaines lectures seront Rouge Brésil et l'Abyssin.


     

    JEAN CHRISTOPHE RUFIN






     


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